En bref

par Pascal Jacob

Capturer, apprivoiser et dresser des animaux sauvages est une activité humaine qui remonte à la nuit des temps. Ces pratiques ont traversé les âges et au XIXe siècle le développement du commerce des bêtes exotiques a offert au cirque la possibilité de modifier la composition de ses programmes en y insérant fauves, éléphants, singes et otaries dressées.

 

 

La première étape de cette intégration va consister à mettre en scène des pantomimes dont l’argument est prévu pour favoriser l’apparition de tigres, de lions ou de panthères à un moment stratégique de l’action. Il s’agit le plus souvent de fauves issus de ménageries foraines, premiers espaces d’exhibition itinérants pour des créatures qui fascinent le public. Pour continuer d’attiser la curiosité des foules, dompteurs et dompteuses vont rapidement rivaliser d’audace et complexifier la présentation de leurs bêtes.
C’est Carl Hagenbeck, un poissonnier allemand devenu marchand d’animaux, qui impose Hambourg entre 1880 et 1960 comme la plaque tournante du dressage mondial. Fournisseur de ménageries, de jardins zoologiques et de cirques, l’entreprise contribue également au développement du dressage moderne en inventant, notamment, la cage centrale. Mais les Hagenbeck valorisent surtout de nouveaux protocoles de dressage et fondent une école au sein de leur parc de Stellingen.
Parfois assimilé à l’éducation, le dressage procède par paliers pour façonner une relation singulière entre l’homme et l’animal. Si les grands fauves constituent le haut d’une pyramide de possibles, ils sont rapidement rejoints par la quasi-totalité des espèces de mammifères, de nombreux oiseaux et plusieurs reptiles. L’Allemagne reste la terre d’origine pour comprendre l’importance de la discipline à l’échelle de l’Europe, mais la Russe et l’Amérique ne sont pas en reste pour produire plusieurs générations de dresseurs aux vocations encouragées par le goût du public.
Aujourd’hui, alors que de nombreux pays légifèrent pour limiter ou interdire les exhibitions d’animaux, l’imprégnation et l’apprivoisement trouvent une nouvelle dimension avec l’entraînement thérapeutique développé au sein des grands parcs zoologiques.